Ce mercredi 23 septembre, avec mon épouse, nous sommes allés rendre visite à Monsieur Pierre Jobard, Tatoué 185784, dernier survivant du convoi du 27 avril 1944 et dernier témoin vivant de cette génération de déportés qui connut l’univers concentrationnaire d’Auschwitz-Birkenau et l’extermination de masse des Juifs et des Tziganes.
Pierre était accompagné de son fils Guy, membre de l’Amicale, ainsi que d’Henri Ménétrier, lui aussi membre de notre Amicale, Président de l’Association du Souvenir de la Résistance et petit-fils d’un Tatoué.
Cette rencontre nous a permis de travailler sur l’organisation de notre prochaine Assemblée générale en Côte-d’Or, avec la préparation des différentes cérémonies, mais surtout avec un événement qui nous tient particulièrement à cœur : les 100 ans de Pierre.
À bientôt 100 ans, Pierre est toujours aussi lucide. Son regard sur le monde demeure d’une grande acuité et il est toujours profondément intéressant d’écouter cet homme qui a sacrifié sa jeunesse pour la France et qui, toute sa vie, s’est consacré au service des autres.
Au cours de nos échanges, deux préoccupations particulièrement fortes sont ressorties de ses réflexions sur notre société.
La première est son inquiétude face à la progression des mouvements néonazis en Allemagne, avec la crainte que cette poussée puisse un jour trouver un écho en France. Pour un homme qui a connu la déportation et les camps, cette inquiétude prend évidemment une dimension toute particulière.
La seconde concerne la montée du fanatisme religieux, la violence et l’antisémitisme, ainsi que ce qu’il perçoit comme une forme de complaisance à l’égard du terrorisme dans certains courants politiques de l’extrême gauche.
À 100 ans, Pierre garde donc toute sa tête, une mémoire remarquable et surtout une capacité d’analyse toujours aussi perspicace.
Écouter Pierre, c’est entendre la voix d’un témoin de l’Histoire. C’est aussi mesurer combien son expérience et ses réflexions doivent continuer à être transmises aux générations qui viennent.
Pierre, Tatoué 185784, bientôt 100 ans… et toujours debout.
