Notre Mémoire n°53 de juillet 2021 est disponible

 

Le  »Notre Mémoire » de juillet 2021 arrive chez vous.

Il aborde le sujet de l’avenir de nos archives.

Il met en exergue les différents témoignages des héritiers.

Il reste le lien indéfectible entre les Tatoués, leurs mémoires et nous.

je vous souhaite une excellente lecture.

Passez un bel été et à bientôt                                                                              Notre Mémoire n° 53 – Juillet 2021

 

Un ouvrage sur les parents et le frère de notre regrettée amie Anne MAX

Souvenez vous, notre amie Anne Max nous parlait souvent de ses parents et de son frère.

Madeleine, sa maman, a été déportée à Ravensbrück et son papa Auguste et son frère Charles furent déportés avec  le convoi des Tatoués.

Seul Charles a survécu à sa déportation mais il est décédé 10 ans plus tard, à 32 ans des suites de l’enfer d’Auschwitz et Buchenwald.

L’Amicale avait participé à l’inauguration d’une plaque au nom d’Auguste et Madeleine THIRION le 19 avril 2015 à Rosnes.

Cet ouvrage mérite toute notre attention, il est très bien écrit et le travail de son auteur, Jean-Pierre HARBULOT est précis et de qualité.

Vous pouvez prendre contact avec lui : jp.harbulot@orange.fr

Il y a 77 ans, c’était le départ pour AUSCHWITZ

Après une dernière nuit d’insomnie, nous sommes au matin du 27 avril 1944.

 Après un discours menaçant du Commandant, note Paul Le Goupil dans « La route des Crématoires », nous passons la porte en silence, serrés entre deux cordons de sentinelles armées de mitraillettes. Pour la deuxième fois, nous allons traverser Compiègne. Un officier S.S. précède la colonne qui descend lentement vers la gare. Il fait rentrer les curieux et fermer les fenêtres. Les volets claquent et des regards peureux se devinent derrière des coins de rideaux écartés ; un mouchoir s’agite. La lettre V apparaît, dessinée sur une ardoise tenue par une main d’enfant. Quelques paroles d’encouragement arrivent jusqu’à nous. Chaque porte cache la chaude présence des habitants. Le bruit du départ s’est répandu en ville et, malgré l’intervention des convoyeurs, un groupe de femmes, soutenues par des amis, est venu apporter un dernier adieu à leur mari ou à leur fils. L’une d’elles, en grand deuil et le mouchoir serré entre les dents pour ne pas hurler, agite vainement ses bras vers l’être cher. Tout au long du parcours, il y a des amis, des mères, des femmes et des bébés qu’on tend. On cherche dans cette foule les mêmes visages, les mêmes gestes qui brisent notre énergie et réveillent des souvenirs auxquels il vaudrait mieux ne pas penser.  Une belle femme, noyée de larmes, s’est jetée contre les sentinelles. Elle supplie, elle implore en des termes qui doivent être terriblement émouvants.

Nous avons atteint la gare de marchandises où un train sous pression aligne ses wagons à bestiaux ouverts pour nous recevoir.

Bottes, cravaches et crosses frappent, cinglent, pilonnent pour pousser et comprimer à l’intérieur les prisonniers avec leurs bagages jusqu’à ce que le compte, désespérément élevé d’une centaine d’hommes, y soit. La porte, immédiatement verrouillée sur un fouillis de pieds écrasés, de jambes coincées, de bras et de corps broyés les uns contre les autres, plonge le wagon dans la pénombre, le jour ne filtrant qu’au travers de la petite lucarne supérieure, garnie de barbelés, servant d’aération.

Commence alors un hallucinant voyage de 4 jours et 3 nuits, sans manger, sans boire, sans même pouvoir s’allonger. Chaque homme avait un espace pas plus grand qu’une feuille de format A4 pour se tenir debout, pour tenir !

C’est à peine imaginable, essayez tout de même en fermant les yeux et en essayant de vous imprégner de l’horreur qui pouvait régner dans les wagons.

 C’était, il y a 77 ans ! N’oublions jamais !